Nous courrons côte à côte, tu accélères, tentes de me semer, tu ris. Au détours du chemin te voilà paisible, reposée, tu m’attends. Tes bras tendus appellent la fusion de nos deux corps, je n’y tiens plus, et plonge en toi. Ta fraicheur me relaxe, je m’abandonne.

Capricieuse, tu l’es. A peine suis-je délassé, te voilà repartie, joueuse, m’entrainant dans ton tourbillon. Je me laisse happer pour te faire plaisir et pour mieux m’évader. Tu veux me rattraper, m’envelopper dans un flot voluptueux de caresses humides. Ton contact sensuel me donne la chair de poule. Je me laisse glisser au tréfonds de ton être.

Ta seule présence transforme tout : l’atmosphère, la chaleur. Tu ne peux t’empêcher, tu veux tout contrôler. Que quelqu’un te résiste et te voilà hurlante, tu grondes, tu tonnes, tu griffes, tu mords, arraches tout sur ton passage. Tes yeux bleu pâle, couleur de ciel, deviennent marron « terre » quand tu es en colère. Je me mettrais à te haïr quand tu es comme ça, mais je t’aime et ne peux vivre sans toi. Je te connais que trop. Tes colères ne sont que des orages qui passent et bientôt dans ton lit, à nouveau nous nous aimerons. 
 

Te souviens tu ces jours d’été?

nous courrions côte à côte c’était le temps des vacances, ma rivière ma Loire



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FLEUVE

Ruisseau, je m'écoule lentement, entre les pierres je serpente, à la recherche d'un ami. Au détour d'un rocher je croise un petit ruisselet, à peine un ru, « promenons nous ensemble » propose-je  «laissons aller nos libres cours, faisons couche commune». Sans se méfier le voici qui accepte et partage mon sillon.

Après un bout de route j'accélère le rythme obligeant mon ami à ne plus faire qu'un. Au bénéfice d'une averse me voilà grossissant, captant sur mon passage sources et résurgences.

La puissance acquise m'aide à creuser mon lit. Plus un caillou ne me barre le passage, moi petit serpentin je les dévore tous.

Notre terre est cruelle, seule la loi du plus fort nous permet gravir notre échelle sociale, nous humbles condamnés à une perpétuelle descente.

 Mourir ruisselet ou muter en ruisseau, disparaître ruisseau ou vivre en rivière, enfin consécration engloutir les rivières et devenir ce fleuve vigoureux, viril, masculin, qui aura l'honneur  de féconder la Terre pour finir dans la mer.


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