Lascive, le corps à la dérive, yeux clos, allongée sur le sofa, tête sur un bras, cou et épaules nues, légèrement débraillée, je guette le moindre bruit du rendez vous d’un soir, de l’amant d’un instant.
Un léger craquement, m’annonce sa venue, le battant de la porte, le voilà prés de moi. Je n’ose pas bouger de peur de me trahir.
Son souffle régulier, immobile, perturbe mes pensées, je pressens son regard inquisiteur, pénétrant , d’un coup je me sens nue.
Me voilà prise au piège de ma préparation. Je ne maitrise rien, il dirige tout. Immobile j’aspire au contact salvateur qui me « réveillera », Rien.
Sa respiration, plus proche, augmente mon mal-être autant que mon désir, je me sens envahie d’une chaleur intense. Imperceptiblement ma main se colle à moi, fragile protection d’un assaut éminent, je sombre en pâmoison
Trois pas sur le parquet, le battant de la porte, le voilà reparti, me laissant au matin le souvenir, tendre et sensuel du rêve d’une
nuit
Maya DEREN